31 août 2007
Un autre livre de Jeanne Benameur :
Si même les arbres meurent, de Jeanne BENAMEUR
Le début : "Cela fait maintenant trois heures que Céline et Mathieu se tiennent la main. Pas un des deux n'a lâché l'autre une seconde. Leurs doigts sont soudés. Soudés frère-soeur. Céline ne sait même plus si elle serre ou pas. Depuis le coude tout son bras est engourdi. Elle pense juste que c'est bien que Mathieu soit gaucher et elle droitière. Ça tombe bien pour se tenir les mains.
Si elle était à la maison elle aurait déjà entendu trois fois le coucou. Elle aurait couru dans l'entrée pour le voir sortir de sa boîte et regarder le petit bonhomme en bois qui ouvre sa fenêtre. Et elle l'aurait encore raté. Comme toujours.
Mais ici, il n'y a pas de bruit. Même leurs voix sont étouffées. On a l'impression que tout ce qui bouge, tout ce qui se déplace dans l'air, c'est de trop."
Céline et Mathieu attendent, dans un couloir d'hôpital, des nouvelles de leur père, dans le coma entre la vie et la mort. Anéantie par sa douleur, leur mère ne peut les aider. Spectateurs impuissants, les deux enfants complices s'inventent un monde imaginaire dans lequel leur père, l'homme des montagnes, devient Grand Aigle, un héros plus fort que la mort grâce au pouvoir de leur pensée.
Couleurs froides de l'hôpital, les couloirs blancs et la chambre bleue où il repose ; la chaleur quitte son corps, le soleil quitte son visage irrémédiablement et les yeux verts demeurent cachés sous des paupières closes.
Il faudra toute la sagesse du balayeur du sous-sol de l'établissement, Issaïa, pour que les enfants puissent prendre une distance avec leur peine, qu'ils acceptent ce départ, et comprennent que par delà le temps et la disparition terrestre, l'amour ne meurt pas.
L'effondrement que provoque le deuil est puissamment observé. Difficile de ne pas verser quelques larmes à la lecture de ce récit très émouvant.
Si même les arbres meurent, de Jeanne BENAMEUR, aux éditions Thierry Magnier, 2000.
28 juillet 2007
"Présent", le titre
Présent, de Jeanne BENAMEUR
Le roman trouve son titre assez rapidement, page 12. Benameur commence à décrire le cérémonial de l'appel :
"Dans chaque salle, c'est l'heure de l'appel.
Un rituel.
Les professeurs s'assurent, nom après nom, que les élèves sont bien là.
De quelle présence s'assure-t-on ainsi chaque matin ? On fait l'appel à l'armée, dans les prisons, à l'école. Comme si, dans les lieux clos, il fallait toujours que la présence soit établie. Il faut un registre, une feuille ; il faut noter. C'est un comble. (...)
L'appel est un moment d'entre deux. Entre les couloirs et le cours qui va commencer. Entre le bruit, les rires, les exclamations et le silence. Dans l'entredeux on peut désirer que le temps recule. Profs comme élèves, on aimerait encore être dans le lit, chez soi. N'être regardé par personne. L'appel du nom des autres contraint le professeur qui s'égare à revenir aux visages qui l'attendent. il va falloir à nouveau être dévisagé, parler. On n'a pas toujours envie.
Quand les élèves s'adressent aux professeurs, ils disent Monsieur Madame ou Mademoiselle. Pas de nom derrière.
Personne ne demande aux professeurs s'ils sont présents."
28 novembre 2006
Présent ? de Jeanne Bénameur
Présent ? de Jeanne Bénameur
(éditions Denoël)
18 novembre 2006
"Présent ?", une critique
"Mon petit commentaire pour le livre de Jeanne BENAMEUR, Présent?
Ce livre parlant d'un fait d'actualité et de jeunes ados, je me suis beaucoup intéressée. L'histoire a une part d'abstrait mais qui, en y réfléchissant, est extrêmement réaliste. Le collège est pour moi un bon souvenir mais avec ce livre on se rend compte que pour d'autres, ce fut un calvaire. L'auteur, je pense, a réussi à capter l'attention des jeunes avec un récit qui leur ressemble de très près. L'épreuve redoutable du dernier conseil de classe avant l'entrée au lycée ou la réorientation vers d'autres voies est une épreuve assez importante dans la vie d'un ado et, même s'il ne veut pas l'admettre, cela lui tient à coeur. Bien qu'il ne soit pas celui que je préfère dans la sélection, ce livre est très interessant et vraiment captivant.
Mélody"



