10 décembre 2009
Frédérique Deghelt a dit (2) :
http://web.mac.com/freddeghelt/Fr%C3%A9d%C3%A9riqueDeghelt/Accueil.html
"J'écris à la main, je ne sais pas faire autrement. Les documents de travail, les lettres, les articles ou conducteurs de télévision sont écrits à l'ordinateur, mais les romans, les textes personnels, tout ce qui sort des tripes, c'est à la main.
J'écris sur un grand cahier : sur la page de droite, le roman et sur la page de gauche, ce qui manque, les corrections, l'histoire des personnages, leurs généalogies. Je nourris les personnages et le roman de scènes qui ne seront pas dans le roman. Je dois passer au crible ces personnages pour mieux les connaître, leur inventer un passé qui existe et qui justifie leurs comportements. Mes personnages sont des puzzles, avec des morceaux pris à droite et à gauche.
Je ne suis aucun des personnages. Mamoune, c'est une grand-mère rêvée. Et même si je suis journaliste, je ne suis pas Jade non plus. Quand je l'écrivais je n'avais plus l'âge de l'une, et pas encore l'âge de l'autre, pourtant à certains moments, j'étais plutôt Mamoune : j'avais 80 ans, j'ai même eu des chutes de tension...
La magie de l'écriture est la même que celle de la lecture : il y a des livres qui tombent de l'étagère, sur notre tête et on ne sait pas pourquoi, mais ils arrivent au bon moment.
Quand mon éditeur, Hubert Nyssen a lu La Vie d'une autre, il m'a dit que ce livre était trop long. "Un livre a sa mesure et c'est lui qui la donne. Trop long, il ennuie et trop court, il déçoit."
Neuf mois après la sortie de La Grand-mère de Jade, je pourrais résumer ce roman à ce que m'en disent les lecteurs, un message que je n'ai jamais désiré en l'écrivant mais qui est apparu ensuite : "Avec un petit oui ou un petit non, vous pouvez changer la vie d'un être et la vôtre."
Frédérique Deghelt, auteur de La Grand-mère de Jade (propos recueillis au lycée Maurice Genevoix, dans le cadre d'une rencontre organisée à l'occasion du "Prix ittéraire des Lycéens et Apprentis de Bourgogne", jeudi 26 novembre 2009)
04 décembre 2009
Compte-rendu de la visite de Frédérique Deghelt...
par un article paru dans le Journal du Centre sous la plume de Jean Jaillot. Merci à lui !
01 décembre 2009
Frédérique Deghelt a dit (1) :
http://web.mac.com/freddeghelt/Fr%C3%A9d%C3%A9riqueDeghelt/Accueil.html
"C'est comment, "écrire" ? C'est comme l'amour. Parfois c'est mieux que l'amour. Ça dépend avec qui...
C'est très étrange ce qui vous pousse à écrire un livre la première fois. J'avais 28 ans, un môme sous le bras, 50 000 francs de découvert à la banque, pas de travail et je me me suis mise à écrire un roman ! Comme si c'était le moment !
Pourquoi écrit-on ? Qu'a-t-on à dire qui n'a pas encore été dit ou qui n'a pas été dit sous cette forme ? Tout se perçoit dans l'air du temps : on pioche tous dans un réservoir qui est l'air du temps, dans ce qui est là ou ce qui va venir.
Ce qui fait de vous un écrivain, c'est une aptitude à regarder le monde d'une certaine façon et la manière dont vous en rendez compte. Il y a des gens qui ne publient pas et qui sont écrivains ; il y a des gens qui publient et qui ne sont pas écrivains.
La relecture, c'est fondamental : quand on écrit, on est en profusion de tout. Ensuite il faut travailler. C'est un travail d'épure. Par exemple dans un texte, on essaye d'enlever un adjectif, et s'il ne se passe rien, alors on l'enlève. Même chose avec les adverbes. Un autre aspect du travail de l'auteur : se gommer du livre. On ne doit pas se percher sur l'épaule du lecteur pour lui dire ce qu'il doit penser. Ne peut rester de vous que la partie qui est quelqu'un d'autre, celle que vous cherchez et et que vous ne connaissez pas.
La "question dangereuse" d'un livre, son thème fort, pour ce livre-là, je ne l'ai connue que neuf mois après la sortie du livre."
Frédérique Deghelt, auteur de La Grand-mère de Jade (propos recueillis au lycée Maurice Genevoix, dans le cadre d'une rencontre organisée à l'occasion du "Prix littéraire des Lycéens et Apprentis de Bourgogne", jeudi 26 novembre 2009)
28 novembre 2009
Notre rencontre avec Frédérique Deghelt
Jeudi matin, nos élèves engagés dans le "Prix Littéraire des Lycéens et Apprentis de Bourgogne" ont rencontré Frédérique Deghelt, l'auteur d'un roman très émouvant, La Grand-mère de Jade, qui a eu droit à sa part de "Mille-Feuilles" ici et dans le Journal du Centre. Bientôt un compte-rendu plus précis, avec certains des propos qu'elle a tenus pour nous sur la lecture, l'écriture, La Grand-mère de Jade...
Ce fut pour tous un beau moment, et pour moi aussi un grand bonheur de parler à cette femme dont j'ai tant aimé le livre -c'est mon roman préféré de cette sélection !- comme c'est un grand bonheur de pouvoir échanger quelques mots ou de vrais dialogues avec des auteurs que l'on admire et dont les oeuvres nous touchent.
Un auteur, c'est un être de chair, pas simplement un nom écrit sur la couverture d'un volume d'un certain nombre de pages. Allez à la rencontre de ces auteurs, dans les salons, dans les librairies où ils dédicacent : toute rencontre est humainement enrichissante, pour le lecteur comme pour l'auteur.
29 octobre 2009
Frédérique Deghelt en visite.
Frédérique Deghelt, l'auteur de La Grand-mère de Jade, rendra prochainement visite aux lycéens de Decize.
Une belle occasion de la questionner sur son inspiration, la part personnelle dans ce roman bouleversant, ses rapports intimes avec l'écriture, la force des rapports intergénérationnels et la notion de culpabilité.
Vivement le 26 novembre !
15 septembre 2009
"La grand-mère de Jade", la couverture.
L'illustration de couverture de La Grand-mère de Jade est due à Jonathan Viner. On y voit une jeune femme, fashion victim, genre parisienne branchouille futile préoccupée de son téléphone portable. Le rose tendre accentue la jeunesse et l'absence apparente de préoccupation des autres. Ce n'est pas tout à fait le cas de Jade, l'héroïne du roman, qui décide de ramener sa grand-mère savoyarde dans son appartement parisien, pour lui éviter le placement désespérant en maison de retraite...

